fév 18 2009

Espace réservé

Catégorie : militantismeLéna @ 3:57

Toulouse, vers 19H45, quartier Esquirol. J’indique de la main le chemin à suivre pour aller dans le lieu où nous avions prévu de passer la soirée. Ma main se retrouve par inadvertance dans « l’espace vital » de deux hommes. Qui nous accostent, cherchent à nous suivre, demandent où nous vivons.
Un autre jour vers 23h, entre le resto et le bar, nous sommes une dizaine, deux jeunes hommes nous croisent et commentent « avec poésie » nos corps et nos vêtements.
En boîte enfin, en train de discuter, trois jeunes hommes viennent faire semblant de discuter pour pouvoir nous mater de plus près.

Le point commun entre toutes ces situations ? Nous n’étions « que » entre femmes. Et ce n’est pas de la drague de rue. La drague, ça m’arrive quand je suis seule, c’est respectueux,la personne dit bonjour, accepte les refus et est seule. Ce dont j’ai parlé plus haut, c’est du groupe contre groupe, un dominant cherchant à expulser le dominé de son territoire.

Et ce comportement n’arrive que lorsque je me retrouve « entre femmes ». Jamais quand je sors avec mon amoureux ou mon groupe d’amis. C’est donc en réaction à ce que l’on subie spécifiquement lorsqu’on est « sans homme » que les marches de nuit non mixte ont été créées. Pas pour exclure les hommes. Pas pour exclure les trans, les inter, les agenres. Pas pour essentialiser. Mais pour affirmer notre droit à être aussi, des fois, qu’entre femmes, pour des raisons politiques ou par plaisir ou par hasard, sans être obligées de s’excuser d’être là. Pouvoir marcher une fois comme mon copain, que les gens laissent passer, et pas comme moi, qui me faufile et cherche à ne pas gêner.

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