jan 16 2009

De la stupidité des filtrages des réseaux étudiants

Catégorie : Etudes, Politique, Réflexion, Sciences et technologiesLéna @ 17:35

Je viens de faire la désagréable découverte des limitations du proxy connectant le réseau de mon école à l’internet.

En consultant mon reader de flux RSS, je me suis rendue-compte en effet que je ne pouvais pas accéder à Rationalité Limitée car il appartient à la catégorie ‘Forum, Weblog et Chat’.

Et c’est là que je me dis que les « filtreurs » n’ont rien compris à l’internet. Un blog, ce n’est pas forcément un endroit où on lache ses comz et l’on parle de son week-end avec Tonton Jeannot, ça peut être aussi un lieu d’information, sur l’actualité mais aussi sur des sujets pointus comme l’économie ou l’informatique. Pareil pour les forums, tous ne parlent pas de matchs de foot mais certains peuvent être des mines d’or quand un compilateur vous renvoie une erreur barbare.

Facebook d’ailleurs est interdit et se trouve dans la même catégorie. Oui, on peut utiliser Facebook pour envoyer des boules de neige à ses amis et je peux comprendre que cela soit interdit pour des raisons de « perte de temps » des élèves mais surtout d’utilisation des ressources réseau pour « pas grand chose », même si je ne cautionne pas. Mais facebook, on peut aussi l’utiliser intelligemment. Un de mes profs est sur facebook, et c’est via ce réseau social que je lui ai envoyé mon compte-rendu de sa conférence sur la crise financière, conférence dont j’avais d’ailleurs eu connaissance car il en parlait sur facebook ! Et que dire sur l’organisation d’évènements étudiants, tellement encouragés par l’école ?

C’est d’ailleurs révélateur des « autorités » actuelles qui ne comprennent absolument pas comment les gens utilisent vraiment internet. C’est pourtant LA première loi de l’interraction homme/machine : les gens sont créatifs dans leur manière d’utiliser des technologies et ils trouveront toujours des moyens de communiquer auxquels les concepteurs n’auront pas pensé. Alors pour avoir l’impression de toujours « maîtriser » les technologies, on se ramène à des clichés (internet c’est pour le téléchargement illégal des musiques) ou à des anciens médias (internet ça sert à regarder la télévision). Et on pond cette loi stupide qui va m’obliger à payer 120€ par an pour des chaînes que je ne regarde jamais, dont je ne peux pas enregistrer les émissions. D’ailleurs, le site d’Eolas est aussi considérer comme un vilain pas beau corrupteur de jeunesse décadante.

La seule chose qui nous reste, c’est que l’autorité est en retard sur la techonologie. Cela aboutit donc à la situation absurde où tout le contenu des blogs que je suis m’est accessible via Google Reader mais pas directement.

Au passage, merci à Olympe pour sa contribution à mon classement wikio :)

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jan 02 2009

Déclaration à l’ONU pour la dépénalisation de l’homosexualité

Catégorie : Actualité, LGBTIQ, PolitiqueLéna @ 1:02

Le 18 décembre dernier, l’ONU débattait de la dépénalisation de l’homosexualité. Contrairement à ce que Rama Yade a pu laisser entendre dans les médias, ce n’est pas la France mais l’Argentine qui en est à l’origine. La liste des pays signataires « pour » et « contre » est visible ici et j’ai synthétisé le tout sur la carte ci-dessous. Cela permet de mieux se rendre compte des silences. A noter que mon fond de carte étant assez vieux, la séparation de l’Erythrée et de l’Ethiopie n’y figurait pas et donc j’ai du tracer la frontière à la main.

Pays suivant leur position théorique sur l'homosexualité d'après les déclarations du 18 décembre 2008 à l'ONU

Pays suivant leur position théorique sur l'homosexualité d'après les déclarations du 18 décembre 2008 à l'ONU

Spontanément, j’ai tendance à voir dans cette carte une europe unie politiquement (pour une fois !), l’influence légère de l’Argentine sur l’Amérique Latine, le silence de beaucoup de grands et d’émergents (Chine, Inde, Brésil, Etats-Unis) et l’intolérance de l’Islam actuel envers l’homosexualité. Si des géopoliticien-nes et autres historien-nes pouvaient passer par ici et utiliser cette carte pour des analyses plus profondes, qu’elles-ils n’hésitent pas !

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déc 08 2008

Respect, tolérance et politiquement correct

Catégorie : LGBTIQ, PolitiqueLéna @ 18:09

Je remarque régulièrement des personnes lâcher les pires horreurs sur des minorités et se plaindre que leur liberté est menacée car ils n’auraient même pas le droit de dire ce qu’ils pensent. Comme je suis souvent du côté des minorités, je suis assez choquée par cela. Mon expérience quotidienne me dit que la grossophobie et l’homophobie sont encore malheureusement « normales ». Comment se fait-il qu’il y ait une telle différence de perception sur ce qui est la norme ?

Une différence de revendication

Je crois qu’en tant que minorités, ce que nous réclamons, c’est du respect. Et ce que nous obtenons, c’est de la tolérance et du politiquement correct. Quelle est la différence ? Elle n’est pas vraiment dans les actes mais dans la pensée. Quand on tolère quelqu’un, on le considère gênant mais on va passer outre parce que « ça ne se fait pas de le faire remarquer, il faut être ouvert ». Une personne tolérante voudra faire des blagues aux dépends de minorités mais n’osera pas à cause de la pression à être tolérant. De même qu’elle n’osera pas dire ce qu’elle pense. Là où c’est particulièrement insupportable pour les personnes tolérantes, c’est qu’en même temps « la société » pousse les gens à avoir des préjugés négatifs sur les minorités. Par exemple, la société « encourage » les gens à penser que les homos sont des pervers mais en même temps elle interdira de le formuler car ça serait de l’homophobie. 

Hors l’idéal ne serait pas que toutes ces personnes rongent leurs freins et ettouffent de ne pas pouvoir user magnifiquement de leur liberté d’expression pour constater critiquer. L’idéal serait qu’ils ne pensent pas que l’homosexualité est inférieure à l’hétérosexualité. Mais pour arriver à ce résultat, il faut expliquer, convaincre, argumenter, débattre, aller contre des préjugés. C’est plus dur à mettre en place que des moyens répressifs.

De l’idéal à la pratique

En attendant, l’argument en faveur de la pénalisation des propos homophobes (et racistes, sexistes…), c’est qu’ils font mal. Oui, des mots peuvent blesser et ceux-là le font. Ce n’est pas seulement un « heurt de sensibilité » à fleur de peau, c’est viscéral, violent, c’est sentir que ce que l’on est est rejetté, sali. Et oui, c’est à la société de protéger ses citoyens et je pense que la souffrance des uns est une limitation légitime à la liberté d’expression des autres.

Le problème, c’est que cela crée une distortion. Pénaliser les propos haineux, cela donne l’impression aux personnes haineuses qu’elles sont minoritaires, en danger, qu’elles ont une liberté fondamentale à défendre et que ce sont les autres qui ont le pouvoir, alors que la réalité est bien sûre toute autre. Et bien sûr, cela les rend d’autant moins réceptifs au dialogue et donc au changement de point de vue possible.

Alors faut-il accepter de se faire insulter pour éviter de faire passer les insulteurs pour des victimes ? J’ose espérer que non. J’ose croire que la pédagogie et l’explication continueront à convaincre des personnes que les blagues sur les PD, c’est mal. Pas parce qu’elles risquent de « passer pour des intolérantes », mais parce que ces blagues font du mal. En plus, elles ne sont pas drôles. Du moins, jamais quand elles sont racontées par un-e hétéro :)

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jan 27 2008

Grève

Catégorie : Politique, ToulouseLéna @ 14:57

Il y a quelques jours, j’ai été très agréablement surprise par un mouvement de protestation à Tisseo, la société de transports (bus et métro) toulousaine. J’avais déja été égoïstement contente, pendant les protestations de novembre, que les lignes de métro soient automatiques et donc que Toulouse ne soit pas aussi paralysée que l’a pu être Paris quand il y avait beaucoup moins de métros et RER. Ne pas assurer le service de transports, duquel dépendent plus ou moins fortement un grand nombre de gens (ooohh le vilain contenu évasif), c’est s’attirer les foudres des utilisateurs mécontents sans pour autant respecter l’esprit de la grève, à savoir frapper le patron là où ça fait mal : en le privant d’argent. Certes, la RATP a un manque à gagner, seulement elle engage aussi moins de frais.

A Tisseo, il n’y a pas eu de grève. Juste le métro gratuit. Huit personnes ont suffis pour obliger les utilisateurs à passer sans valider (oui obliger, certains voulaient quand même payer). A chaque personne qui passait, j’imaginais l’euro perdu par la société et je me suis dit que le dialogue social allait sans doute avancer.

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