fév 18 2009

Espace réservé

Catégorie : militantismeLéna @ 3:57

Toulouse, vers 19H45, quartier Esquirol. J’indique de la main le chemin à suivre pour aller dans le lieu où nous avions prévu de passer la soirée. Ma main se retrouve par inadvertance dans « l’espace vital » de deux hommes. Qui nous accostent, cherchent à nous suivre, demandent où nous vivons.
Un autre jour vers 23h, entre le resto et le bar, nous sommes une dizaine, deux jeunes hommes nous croisent et commentent « avec poésie » nos corps et nos vêtements.
En boîte enfin, en train de discuter, trois jeunes hommes viennent faire semblant de discuter pour pouvoir nous mater de plus près.

Le point commun entre toutes ces situations ? Nous n’étions « que » entre femmes. Et ce n’est pas de la drague de rue. La drague, ça m’arrive quand je suis seule, c’est respectueux,la personne dit bonjour, accepte les refus et est seule. Ce dont j’ai parlé plus haut, c’est du groupe contre groupe, un dominant cherchant à expulser le dominé de son territoire.

Et ce comportement n’arrive que lorsque je me retrouve « entre femmes ». Jamais quand je sors avec mon amoureux ou mon groupe d’amis. C’est donc en réaction à ce que l’on subie spécifiquement lorsqu’on est « sans homme » que les marches de nuit non mixte ont été créées. Pas pour exclure les hommes. Pas pour exclure les trans, les inter, les agenres. Pas pour essentialiser. Mais pour affirmer notre droit à être aussi, des fois, qu’entre femmes, pour des raisons politiques ou par plaisir ou par hasard, sans être obligées de s’excuser d’être là. Pouvoir marcher une fois comme mon copain, que les gens laissent passer, et pas comme moi, qui me faufile et cherche à ne pas gêner.

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nov 21 2008

Coming-out féministe

Catégorie : Quotidien, militantismeLéna @ 0:06

Une soirée entre amis. Enfin, avec les amis de mon chéri, pas les miens. A l’occasion, une blague homophobe. Une autre, je ne laisse pas passer. Mini-débat. Peu après, je ne sais plus pourquoi, je dis que je suis militante féministe.

Et là, c’est le drame. Protagonistes présents : mon copain sympatisant féministe, une fille qui a été plein de fois victimes de discriminations, trois hommes et moi bien-sûr.

Tout y est passé. Du chromosome Y qui justifie les différences à la pathologisation de mon engagement (tu ferais pas ça pour te venger d’une éducation par hasard ?), de « oui mais quand même j’aime bien qu’on coiffe les petites filles » au « oui mais ton étude c’est gentil mais moi dans ma cantine c’est pas pareil ». Le pire ? J’hésite entre l’explication du viol par la théorie du mâle dominant et le dialogue sur l’éducation des enfants. « Qu’est-ce que tu feras quand tu auras un fils ? _Je n’en veux pas. _Quand t’auras une fille donc ? »

Déprimant.

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oct 29 2008

Lesbienne et anti-féministe

Catégorie : LGBTIQ, militantismeLéna @ 19:27

Le militantisme apporte beaucoup de joies. On peut mettre enfin des mots sur ce que l’on ressent, sur ses convictions, on rencontre des gens qui les partagent, mieux, les approfondissent, les interrogent, les retournent. Et aussi à notre tour, on se prend à se dire qu’on participe à créer un monde un peu meilleur.

Seulement militer, surtout contre les discriminations, c’est prendre une conscience aiguë de leurs existences. Et pas uniquement des discriminations visibles mais aussi des plus sournoises, plus larvées, plus acceptées aussi. C’est prendre conscience des effets néfastes de certaines idées. Que par exemple prêter un immense pouvoir de séduction, de tentation aux femmes conduit à les enfermées dans des vêtements-cages.

Il est alors dur de rentrer dans une communauté lesbienne et y trouver plus d’anti-féminisme que dans une école à 90% masculine avec soirées « gratuites pour les filles », strip-teaseuses et « bombes de la semaine » pornographiques dans le journal. Dur de voir ces filles se faire importuner en soirée plusieurs fois par des gros lourds, parler des pressions de leurs parents pour qu’elles enfantent à leur tour, et affirmer ensuite que l’égalité, on l’a ! Dur de voir qu’elles ne se sentent même pas concernée par la lutte contre les discriminations qu’elles se prennent elles-mêmes. Et c’est d’autant plus dur quand on a lu Butler et Wittig avant et qu’on croit naïvement que leurs idées sont représentatives de la communauté.

Heureusement pour moi, ni l’homophobie ni l’essentialisme n’ont leur place dans mon asso féministe. Mais malheureusement, cela ne me suffit pas. J’ai envie de découvrir le milieu homo et je ne veux pas que ça se limite à un samedi soir dans une boite gay (où je me suis beaucoup plus amusée qu’à toutes les soirées étudiantes jusque-là, d’ailleurs).

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oct 03 2008

Semaine noire

Catégorie : Actualité, Féminisme, Geekeries, Quotidien, militantismeLéna @ 2:39

Promenade dans les rues de Toulouse. Passage devant une affiche pour le « salon top recrutement ». Une dizaine de silhouettes stylisées, une seule féminine.

 

Métro ligne B, station Compans Caffarelli. Affiche très sombre, avec juste une lueur sur le centre, montrant des jambes de femme minces dans des chaussures et collants noirs, allongés dans un escalier. L’image m’évoque la violence faite aux prostituées mais il s’agit d’une pub pour une marque de mode.

 

Jeu en ligne pour se changer les idées, toujours à Regnum Online. Je suis une fière tireuse d’élite de l’Order of Daggers. Jusqu’à ce que je tombe sur un adversaire ayant comme rang « violeur de l’Order of Daggers ». Je signale sur le forum que ce nom me gêne, on m’accuse de faire du politiquement correcte, d’être liberticide, de n’avoir pas de vie et de pleurer pour rien.

 

Aujourd’hui, j’ai crée l’agenda Google de l’association féministe mixte Mix-Cité Toulouse. Est-ce que ça va contribuer à changer le monde ?

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mar 13 2008

Contre le psy qui justifie le viol

Catégorie : militantismeLéna @ 11:21

Le Docteur Michel Dubec, a écrit un livre : Le Plaisir
de tuer, aux éditions du Seuil, en 2007. L’auteur est psychanalyste, mais il est surtout un expert psychiatre national auprès des tribunaux, toujours en exercice. Il consulte également dans son Cabinet libéral, à Paris. Dans ses écrits (retranscrits par la journaliste Chantal de Rudder), Le Docteur Michel Dubec justifie les violences faites aux femmes, et même les viols, au nom d’une vision essentialiste, et d’une nature masculine. Le dernier chapitre du livre sur les expertises du Docteur Michel Dubec est consacré au violeur et tueur en série : Guy Georges. Si l’expert dénonce sans ambiguïté les meurtres de ce dernier, il revendique une solidarité de sexe qui lui permet de s’identifier avec une complaisance indécente au violeur, sans aucun respect pour les proches et les familles des victimes. Le Docteur Michel Dubec considère en effet le viol comme un acte sexuel quasi normal s’il est consommé avec complétude (sic). Les propos dangereux de cet expert, dont l’avis est pris en compte dans des décisions de justice, sontintolérables.

Ce qui nous révolte, c’est surtout que le Docteur Michel Dubec a écrit ces pages en sa qualité d’expert psychiatre national auprès des tribunaux. Il se sert donc de son autorité et de sonpouvoir pour rendre publiquement légitime un crime : le viol, qualifié comme tel par le Code pénal. La position que tient le Docteur Dubec est d’autant plus délétère que cet expert est très souvent nommé dans de nombreuses commissions portant sur de nouvelles mesures judiciaires.
Les signataires de cette pétition demandent à ce que la Garde des sceaux, Rachida Dati, condamne avec force les propos indignes du Docteur Dubec, et qu’elle se prononce sur le maintien ou le non maintien de cet expert sur la liste des experts psychiatres auprès des tribunaux. Nous pensons, nous, que le Docteur Michel Dubec ne possède plus les qualités requises, et qu’il nécessite une radiation urgente de ces listes.

Nous ne pouvons en effet laisser passer des propos aussi clairs (Page 213-Extraits) :
Guy Georges, c’est différent. On peut être avec lui, jusqu’au viol compris. Pour parler sans détour, dans la sexualité masculine, il existe un intérêt à obtenir la défaveur de sa partenaire, pas seulement ses faveurs ; à faire crier la femme, peu importe la nature de ses cris. (…)Si
un homme est trop respectueux d’une femme, il ne bande pas. (…)
Oui, c’était possible de s’identifier à ce violeur qui baise des filles superbes contre leur gré (…) Il ne s’inhibait pas au dernier moment, il était capable de leur faire l’amour quasi normalement. Il y avait éjaculation à l’intérieur du vagin. Guy Georges donne le sentiment que
l’acte sexuel était consommé avec complétude. Jusque-là, on peut le comprendre, et même, il nous fait presque rêver (…).

Signez en envoyant un e-mail à l’adresse ci-dessous, en précisant que vous signez la pétition, et en indiquant vos nom et prénom, et facultativement : vos qualités et/ou profession, et si vous êtes membre d’une association, d’une O.N.G. d’un parti, votre ville, département et/ou pays de résidence, etc.
Merci d’avance : contrelepsyquijustifieleviol@voila.fr

LES PREMIER(E)S SIGNATAIRES :
Michèle Loup, Conseillère régionale IDF, Mission égalité Femmes/Hommes dans les politiques
régionales d’île de France;
Docteur Emmanuelle PIET, Médecin et Présidente du Collectif Féministe Contre le Viol;
Monique Dental, Fondatrice du Collectif de Pratiques et de Réflexions Féministes « Ruptures »;
Docteure Michèle Dayras, Médecin Chef en Radiologie, et Présidente de SOS Sexisme;
Bernice Dubois, Représentante du Conseil Européen des Fédérations Wiso, association membre de la C.L.E.F. (Coordination Française pour le Lobby Européens; Florence Montreynaud, Ecrivaine;
Marie-Claire Abiker, Présidente du Mouvement Français pour le Planning familial de Paris;
Micheline Carrier, Éditrice du site et des éditions Sisyphe; la Fédération Nationale Solidarité Femmes (FNSF) ;
Bernard Lempert, Philosophe et Psychanalyste;
Michelle Cattania, Présidente de l’Assemblée des Femmes de l’Ile et Vilaine ;
Nelly Trumel, Peintre et animatrice de l’émission “Femmes Libres” sur Radio Libertaire ;
Hélène Hernandez, Co-animatrice de l’émission ;
Monique Lachkar, psychiatre et psychothérapeute ;
Alice Colanis, Fondatrice de Dialogues de Femmes ; L’Espace Simone de Beauvoir à Nantes ;
Monique Lemoine, professeure, ;
Docteur Philippe Jakubowick, médecin légiste, exerçant dans un service d’Urgences Médico-Judicaires d’un hôpital de l’Assistance Publique des Hôpitaux de Paris;
Docteur Jacques Molia, Médecin retraité, Président de la Fédération nationale de Couples et Familles ;
Marie Christine Wassilieff, Avocat ;
Philippe Coussy, Psychanalyste,
ainsi que des centaines d’autres signataires…

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