jan 02 2009

Déclaration à l’ONU pour la dépénalisation de l’homosexualité

Catégorie : Actualité, LGBTIQ, PolitiqueLéna @ 1:02

Le 18 décembre dernier, l’ONU débattait de la dépénalisation de l’homosexualité. Contrairement à ce que Rama Yade a pu laisser entendre dans les médias, ce n’est pas la France mais l’Argentine qui en est à l’origine. La liste des pays signataires « pour » et « contre » est visible ici et j’ai synthétisé le tout sur la carte ci-dessous. Cela permet de mieux se rendre compte des silences. A noter que mon fond de carte étant assez vieux, la séparation de l’Erythrée et de l’Ethiopie n’y figurait pas et donc j’ai du tracer la frontière à la main.

Pays suivant leur position théorique sur l'homosexualité d'après les déclarations du 18 décembre 2008 à l'ONU

Pays suivant leur position théorique sur l'homosexualité d'après les déclarations du 18 décembre 2008 à l'ONU

Spontanément, j’ai tendance à voir dans cette carte une europe unie politiquement (pour une fois !), l’influence légère de l’Argentine sur l’Amérique Latine, le silence de beaucoup de grands et d’émergents (Chine, Inde, Brésil, Etats-Unis) et l’intolérance de l’Islam actuel envers l’homosexualité. Si des géopoliticien-nes et autres historien-nes pouvaient passer par ici et utiliser cette carte pour des analyses plus profondes, qu’elles-ils n’hésitent pas !

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déc 08 2008

Respect, tolérance et politiquement correct

Catégorie : LGBTIQ, PolitiqueLéna @ 18:09

Je remarque régulièrement des personnes lâcher les pires horreurs sur des minorités et se plaindre que leur liberté est menacée car ils n’auraient même pas le droit de dire ce qu’ils pensent. Comme je suis souvent du côté des minorités, je suis assez choquée par cela. Mon expérience quotidienne me dit que la grossophobie et l’homophobie sont encore malheureusement « normales ». Comment se fait-il qu’il y ait une telle différence de perception sur ce qui est la norme ?

Une différence de revendication

Je crois qu’en tant que minorités, ce que nous réclamons, c’est du respect. Et ce que nous obtenons, c’est de la tolérance et du politiquement correct. Quelle est la différence ? Elle n’est pas vraiment dans les actes mais dans la pensée. Quand on tolère quelqu’un, on le considère gênant mais on va passer outre parce que « ça ne se fait pas de le faire remarquer, il faut être ouvert ». Une personne tolérante voudra faire des blagues aux dépends de minorités mais n’osera pas à cause de la pression à être tolérant. De même qu’elle n’osera pas dire ce qu’elle pense. Là où c’est particulièrement insupportable pour les personnes tolérantes, c’est qu’en même temps « la société » pousse les gens à avoir des préjugés négatifs sur les minorités. Par exemple, la société « encourage » les gens à penser que les homos sont des pervers mais en même temps elle interdira de le formuler car ça serait de l’homophobie. 

Hors l’idéal ne serait pas que toutes ces personnes rongent leurs freins et ettouffent de ne pas pouvoir user magnifiquement de leur liberté d’expression pour constater critiquer. L’idéal serait qu’ils ne pensent pas que l’homosexualité est inférieure à l’hétérosexualité. Mais pour arriver à ce résultat, il faut expliquer, convaincre, argumenter, débattre, aller contre des préjugés. C’est plus dur à mettre en place que des moyens répressifs.

De l’idéal à la pratique

En attendant, l’argument en faveur de la pénalisation des propos homophobes (et racistes, sexistes…), c’est qu’ils font mal. Oui, des mots peuvent blesser et ceux-là le font. Ce n’est pas seulement un « heurt de sensibilité » à fleur de peau, c’est viscéral, violent, c’est sentir que ce que l’on est est rejetté, sali. Et oui, c’est à la société de protéger ses citoyens et je pense que la souffrance des uns est une limitation légitime à la liberté d’expression des autres.

Le problème, c’est que cela crée une distortion. Pénaliser les propos haineux, cela donne l’impression aux personnes haineuses qu’elles sont minoritaires, en danger, qu’elles ont une liberté fondamentale à défendre et que ce sont les autres qui ont le pouvoir, alors que la réalité est bien sûre toute autre. Et bien sûr, cela les rend d’autant moins réceptifs au dialogue et donc au changement de point de vue possible.

Alors faut-il accepter de se faire insulter pour éviter de faire passer les insulteurs pour des victimes ? J’ose espérer que non. J’ose croire que la pédagogie et l’explication continueront à convaincre des personnes que les blagues sur les PD, c’est mal. Pas parce qu’elles risquent de « passer pour des intolérantes », mais parce que ces blagues font du mal. En plus, elles ne sont pas drôles. Du moins, jamais quand elles sont racontées par un-e hétéro :)

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nov 28 2008

Faut-il ajouter le féminisme au mouvement lesbien, gay, bisexuel, transgenre/sexuel, intersexe et queer ?

Catégorie : Féminisme, LGBTIQ, RéflexionLéna @ 3:16

Ce n’est qu’une question rhétorique. Je suis persuadée que oui et vais expliquer pourquoi.

Tout d’abord, je vais expliquer pourquoi la gay-pride est devenue la marche des fiertés lesbiennes, gaies, bisexuelles et trans. Le but est logiquement de montrer la richesse des sexualités. Les homos ne sont pas un groupe uniforme et homogène mais au contraire multiple. Lesbiennes et gays ne vivent pas les mêmes choses, ne subissent pas la même oppression. Par exemple, je ne crois pas que les couples d’hommes se fassent souvent dragués par une femme leur proposant un plan à trois. Les personnes bisexuelles, invisibilisées de part et d’autre (nous sommes souvent considérées comme des hétéros cherchant à faire cool ou des homos n’assumant pas et cherchant à garder les privilèges de la norme) ont aussi besoin d’être nommées pour prouver leur existence. C’est d’ailleurs pour cela que je n’aime pas le mot « transpédégouine » car il invisibilise les bis. Et les trans, alors ? D’ailleurs, c’est quoi la différence entre transexuels et transgenres ?

J’ai l’impression que plusieurs d’écoles s’affrontent. Je vous livre ma définition personnelle et j’espère que les commentaires chaufferont si je dis des bêtises. Pour moi, une personne transexuelle est une personne ayant changé de sexe, donc ayant femellisé ou mâlisé son corps, par des hormones et éventuellement une opération chirurgicale. Certaines personnes estiment que le qualificatif de transexuel ne s’applique que pendant la transition d’un sexe à l’autre et qu’une fois celle-ci terminée, on est plus trans. D’autres rejettent totalement ce mot. Transgenre désigne en revanche les personnes n’ayant pas l’identité de genre attribuée à la société par le départ. Dit autrement, les mâles humains ne se sentant pas homme et les femelles humaines ne se sentant pas femme, indépendant de tout habillement ou transformation physique. Le mot transidentités est aussi utilisé pour désigner l’ensemble des trans et souligner les grandes variations de vécus et d’expérience d’une personne trans à une autre.

Que font les trans au milieu des revendications homosexuelles ? Est-ce que mélanger les questions d’identité de sexe et de genre avec celles d’orientation sexuelle ne serait pas contre-productif car mélangeant des problématiques différentes et entretenant la confusion chez monsieur tout le monde ? Je ne pense pas. Déja, parce qu’on ne peut pas séparer les trans de la communauté homo. Certains trans se définissent d’abord comme homo pour se rendre compte ensuite que certes ils sont attirés par « le même sexe » mais qu’en réalité ils sont « du sexe opposé ». Ensuite, parce que ce qui a fondé la marche et est considéré comme le coup d’envoi du militantisme LGBTIQ, ce sont les émeutes de Stonewall et qu’à cette occasion se sont révoltés à la fois des homos et des trans. Le font commun est donc historique. Enfin, parce que l’ennemi est le même : la croyance en la complémentarité des sexes et que chacun doit avoir un rôle déterminé.

C’est sur cette base de l’ennemi commun que c’est greffée la lutte intersexe. Une personne intersexe ne rentre pas dans l’une des cases mâle ou femelle. Elle est un peu des deux, ou ni l’un ni l’autre. On voit bien en quoi la lutte pour la reconnaissance des intersexes s’oppose à l’idée de complémentarité des deux sexes, vu qu’elle demande la reconnaissance d’une quasi-infinité de sexes possibles, allant du pôle mâle au pôle femelle.

Enfin, le queer est une forme d’aboutissement de la lutte, puisqu’il vise à briser les liens qu’il peut exister entre pratiques sexuelles, orientations sexuelles, identité de genre, genre et sexe. Parmis les exemples d’amalgames combattus par le queer :

  • Pratique sexuelle / orientation sexuelle: Un homme aimant se faire sodomisé est forcément homosexuel.
  • Pratique sexuelle / identité de genre : Un homme aimant se faire pénétré est en fait une femme.
  • Genre / identité de genre : Une personne masculine est forcément un homme.
  • Genre / orientation sexuelle : Une lesbienne est forcément masculine.
  • Sexe / identité de genre : Quand on a un vagin, on est une femme.

Selon moi donc, le féminisme, au moins celui qui est culturaliste, c’est-à-dire celui qui pense que les différences entre les hommes et les femmes viennent d’une éducation et plus généralement d’une sociabilisation différente et non de la nature via le chromosome Y ou les hormones, devrait se joindre à la lutte. Car l’ennemi, l’hétérosexisme ou croyance que « les deux sexes sont complémentaires », est commun. Faire front commun ne veut pas dire nier les différences de vécu. Une femme hétérosexuelle ne vivra pas les mêmes choses qu’un transgenre ou une lesbienne et il est important de garder des groupes de réflexion homogènes pour identifier et verbaliser l’oppression vécue. Mais si déjà tous les LGBTIQF pouvaient se sentir solidaires d’une même cause générale, cela serait un grand pas en avant pour l’égalité.

On pourrait aussi rêver d’une solidarité avec tous les autres opprimés : gauchers, handicapés, musulmans, juifs, gros, moches, pauvres mais je crains que ce ne soit trop utopique.

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juil 23 2008

La confusion des sexes

Catégorie : Féminisme, LectureLéna @ 18:40

Excellent livre pour comprendre l’opposition faîte aux théories queers. Très marqué anti-PS et déja daté alors que publié en janvier 2007 en raison de ses nombreuses allusions à la campagne présidentielle, ce livre se remarque surtout par sa mauvaise foi et sa haine du féminisme. L’auteur ne retient par exemple que la volonté d’instaurer de la mixité dans les hautes sphères du pouvoir qu’il trouve injuste car les femmes ont déja le pouvoir « réel » (de faire des enfants, de les éduquer) et oublie les revendications féministes allant dans son sens (pillule masculine, virilisation des professionnels de l’enfance, défense de la pornographie par Ovidie).

Balayant d’un revers de main les revendications trans qui, selon lui, rechercheraient à avoir physiquement leur corps imaginaire, il est aussi persuadé que le militantisme homosexuel cherche à imposer l’homosexualité comme nouvelle norme et défend les propos de Vaneste.

Livre à lire absolument pour comprendre contre quoi on lutte.

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mai 31 2008

Pourquoi, cette année, j’irai à la gay pride

Catégorie : LGBTIQLéna @ 7:01

Pendant des années, j’ai refusé d’y aller. Car je trouvais que la marche des fiertés alimentait les préjugés homophobes. Parce que je pensais que le mariage homo allait bientôt arrivé en France. Peut-être parce que je voulais me détacher de la communauté pour apparaître comme « autre » aux yeux des hétéros. J’y irai pour défendre la liberté de vivre son homosexualité ou de disposer librement de son corps contre la culture liberticide, j’y irai pour rendre visible les bisexuels, trop souvent rejetés des deux côtés et pour soutenir les trans et les intersexes.

 

Maintenant, je me demande ce que je dois porter pour la marche. Plusieurs tendances :

 

Clairement bisexuelle

 

  • Tout le monde aime les bis : Optimiste et festif, mais malheureusement pas réaliste
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  • Les bis aiment tout le monde, mais ne pas confondre réciproque et contraposée
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  • On mange à tous les rateliers mais on ne bouffe pas n’importe quoi !
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  • Amour pacman : Mignon et totalement geek mais je trouve que montrer trois couples invisibilise les bis, sans parler du fait que ce soit binaire
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  • Choix multiple : Claire et efficace, mais binaire et un peu austère
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  • 100% Bi : Sympa car à l’encontre de l’idée moitié-homo / moitié-hétéro
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  • Marguerite : Innocent et reflétant bien mon côté coeur d’artichaut / je tombe amoureuse toutes les semaines mais j’ai peur qu’il ne soit pas bien visible de loin et qu’il aille dans le sens du cliché que les bis soient instables
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  • Bi : Clair, net, efficace. Un peu trop brut ?
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  • Bi mais pas que : ma principale qualité étant la modestie, cela me va parfaitement. Mais c’est quand même très rose
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  • Pensée correcte : mais je ne sais pas si on doit comprendre ça comme de la bi ou de l’homosexualité

 

Contre l’intolérance, notemment venant de la religion

 

 

Bisexuelle en couple hétéro

 

 

Queer

Je renoncerais à la revendication bi mais celle-ci n’est-elle pas aussi très importante ?

 

Si quelqu’un pouvait m’aider dans mon choix, par des considérations esthétiques ou militantes, cela m’aiderait beaucoup !

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